vendredi 25 septembre 2015

la soudure, une réparation lourde mais efficace pour les figurines

Quand une figurine métallique est cassé au delà de tout espoir de réparation par collage, il reste une ultime possibilité : la soudure régénératrice. Je ne la pratique que dans le cas de figurines dont les jambes ont été arrachés de leur socle. Des jambes fine, ou une figurine qui n'a qu'un pied ou une seule jambe de fixation, sont des cas typiques.

Nous allons examiner deux exemples que je viens de faire : un cavalier qui ne tenait que par le membre arrière gauche et un archer indien séparé de son socle, qui avait perdu toute sa jambe gauche en dessous de la mi-cuisse (un cas assez extrême où la partie à reconstituer est énorme).

Le cavalier s'est brisé pendant la finition du socle (vibrations pendant le ponçage des côtés). À l'arrivée dans la clinique du Dr Lassoudure, le pied du cavalier est dénudé jusqu'au métal sur environ 1cm. Très vite, le Dr décide de le fixer par le deuxième membre arrière, ce qui lui donnera une attitude légèrement cambrée que la figurine supporte : ce deuxième membre est pareillement décapé.

Pour accueillir ce deuxième membre, le socle est creusé et un morceau de plateau d'une autre figurine est fixé dessus. LE point de contact est au bord du plateau, mais il faut un morceau assez grand pour avoir une belle surface d'adhérence. Ce plateau est décapé, tout comme les morceau de figurines du cheval et du chien qui le joyxt. Car le chien aussi s'est fait la malle. Lui est un cas de jambes fines.

Le chien est fixé en premier. Il a également eu la peinture de ses jambes enlevées. Il est tenu en place par une tenaille, quand une lourde pince tient le socle en place. Cela permet de pratiquer la soudure assez facilement. Il ne faut pas souder à l'étain habituel, mais avec morceau de métal de figurine. En général, c'est un bout de socle, une arme coupée, qui fournit l'alliage. La sciure métallique obtenue en apprêtant les figurines ne convient pas du tout.

Voici le chien après soudure. Il a été soudé par l'arrière.

Le cavalier est maintenant maintenu en place. La soudure commence par le membre gauche. Il faut d'abord arriver à faire la connexion sans tout faire fondre par maladresse. Après un premier contact, on peut rajouter de la matière. Quand il y en assez, on cherche à enlever le surplus au fer, un peu comme si on lissait. Il ne s'agit que de dégrossir car la finition se fait dans tout les cas à la lime queue de rat rond, ovale ou aplatie selon le profil à peaufiner.

L'autre membre est alors fixé. La fixation est plus massive, car à ce niveau du sol on peut la masque par un peu de végétation. Le mode opératoire est semblable sauf que le cavalier tient maintenant tout seul. Lors de la soudure, toute la figurine finit par être brûlante. C'est pourquoi on la tien toujours avec des pinces. Parfois, on tient cette pince dans une main quand on soude de l'autre car on n'arrive pas à organiser un rapprochement statique correct.

Après ébarbage des soudures, on colmate les trous avec du mastic au niveau du socle, pour égaliser plus ou moins le terrain. Ce n'est pas toujours nécessaire. Ici, on en met aussi un peu de mastic sur un pied du cavalier romain qui a été hélas un peu raccourci par le fer à souder. Après séchage, on peut étaler un peu de colle cyanoacrylate sur ce pied pour renforcer le tout, c'est plus solide (que du joli fil doré) et on n'a pas envie que le pied se casse (comme le bout du nez de la chanson).

Voici l'aspect final du cavalier et du chien après peinture. Le flocage n'a pas encore été posé sur le socle. La réparation est invisible.

Un dernier point : la soudure dégage des gaz toxiques, surtout dans le cas présent. Il y a pas mal de matériel lourd qui sera soudé. Toutes les opérations doivent donc se faire près d'une fenêtre grande ouverte mais hors de porté du soudeur !

Venons en maintenant à l'indien. Lui est maintenu en place de façon statique. Le pied gauche, encore présent quoique chétif, est fixé en premier. C'est facile et ça donne la bonne hauteur pour réaliser la cuisse droite.


Un premier bout de soudure est maintenant fixé à la cuisse. Puis un autre, qui fait la jointure avec le socle (dont on prélevé un bout pour le cavalier romain d'ailleurs). Voilà le plus dur est fait. C'est encore très laid. Mais on peut maintenant dégrossir la soudure comme auparavant.

Voici l'archer enfin soudé On a grossit et redressé la jambe et refait un pied.

J'espère vous avoir donné envie de sauver vous aussi vos figurines maltraitées. Ça marche aussi en 15mm, où j'ai ainsi sauvé des cavaliers numides ou un centurion romain entre autres.

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